Son arrivée à Barbizon marque un tournant dans sa carrière qui le mène à prendre ses sujets auprès des paysans qu’il représente dans leurs activités quotidiennes. Sa vision sans concession, alimentée par une fine observation de la vie rurale, fait de lui un représentant du réalisme. Soupçonné d’intentions politiques anarchistes, il est particulièrement rejeté par le jury officiel.
Narcisse Diaz de la Pena (1807-1876), après une carrière éclectique à Paris, s’installe à Barbizon en 1840. Suivant les conseils de
Rousseau, il révèle son aptitude à saisir la lumière et ses effets, en particulier dans ses études de sous-bois.
Charles Jacque (1813-1894) arrivé à Barbizon en 1849 avec Millet, se spécialise dans la peinture animalière, prenant pour sujet les troupeaux de moutons rassemblés dans les bergeries ou dans la plaine et les volailles des cours de fermes.
A partir de 1868,
Ferdinand Chaigneau continue avec bonheur l’œuvre d’animalier de
Charles Jacque.
Un grand nombre d’artistes identifiés comme peintres de l’École de Barbizon n’y résident pas mais habitent les villages voisins de
Chailly,
Marlotte ou
Fontainebleau ou simplement viennent de temps en temps dans la région.
C’est le cas de
Constant Troyon (1810-1865). Ce célèbre animalier, émule des peintres hollandais du XVIIe siècle
Cuyp et
Potter, se fera une réputation avec ses représentations de vaches.
Antoine Barye (1795-1875), plus connu pour son œuvre de sculpteur, vient passer ses vacances à Barbizon où il loue une maison dans la Grande Rue.
Jules Dupré (1811-1889), davantage attiré par les paysages de l’Isle-Adam, fait cependant des séjours en forêt de Fontainebleau;
Charles-François Daubigny (1817-1878), peignant souvent les reflets de la lumière sur
les bords de l’Oise, n’en oublie pas pour autant ses amis à Barbizon où il séjourne tous les ans.
L’attrait qu’exerce cette région sur les
peintres français s’étend peu à peu au monde entier. On y rencontre des
américains comme William Hunt (1824-1879) et George Inness (1825-1894), des
belges comme le baron de Papeleu (1810-1881) et Xavier de Cock (1818-1896) suivi de son frère César (1823-1904), des
allemands dont Ludwig Knauss (1829-1910), des
Roumains dont Nicolae Grigorescu (1838-1907), des
Hongrois dont
Mihaly Munkascsy (1844-1900), etc.
Il est certain que le lien entre ces artistes d’origines si diverses et aux motivations si variées est sans conteste l’
Auberge Ganne, ouverte vers 1824 à son emplacement actuel dans la
Grande Rue de Barbizon.
Chez les époux
Ganne, qui les prennent en pension pour un prix très modique, ces jeunes artistes trouvent un lieu d’hébergement convivial, proche des sites de la forêt et de la plaine où ils travaillent.
Au sommet de leur gloire, au moment de l’
Exposition Universelle de 1855, ils n’oublieront jamais cet accueil désintéressé et chaleureux des aubergistes.
En 1863, les maîtres de l’École de Barbizon, image vivante du refus de l’art officiel et de la liberté de création, sont rejoints par la jeune génération des
Bazille,
Monet,
Renoir et
Sisley.
Rejetés à leur tour par le jury du Salon, ils viennent pendant l’été se ressourcer auprès de leurs célèbres précurseurs. Ils se lient d’amitié avec
Diaz qui les aide dans leur recherche.
Ces jeunes artistes feront évoluer «tous azimuts» les créations des maîtres de Barbizon, en inventant une nouvelle manière de peindre appelée l’
Impressionnisme.
A partir de 1874, ils organisent des expositions de groupe, ce qui n’a jamais été le cas de leurs prédécesseurs, et imposent une technique nouvelle réclamant l’emploi des couleurs primaires, la touche fragmentée et les ombres colorées.
Certains maîtres de l’École de Barbizon, tels
Diaz et
Daubigny, avaient pressenti ces nouveaux moyens d’expression et utilisaient déjà des couleurs presque pures posées en touches fragmentées sans mélange préalable.
A découvrir dans le village :
Musée Départemental de l'Ecole de Barbizon "Auberge Ganne" et son annexe la maison - atelier Théodore Rousseau, la maison - atelier Jean-François Millet (collection privée), le "Croquet des peintres" et le parcours "Sur les pas des peintres".